Une vie de galérien...
Ils étaient extraordinaires les porteurs de notre groupe... costauds!...tu peux pas savoir...
Il était pratiquement impossible de lever du sol ce qu'ils portaient...et en plus sympas et super-contents que Jeanine leur donne nos chaussettes après le trek...on avait apporté plein de vieux vêtements..." plutôt que de les jeter..."
et cerise sur le gâteau de la bêtise : " Si çà se trouve, ils sont plus heureux que nous..."

"Ne souriez pas, cette conversation est courante dans les avions du retour... "

Il n'est pas possible de revenir du Népal sans avoir été sensibilisé par les conditions dans lesquelles travaillent les porteurs recrutés par certaines "agences" de voyages. Sous-payés, surchargés, exposés à des accidents graves, sans assurance, leur extrème pauvreté les pousse à accepter le transport de charges sans limites, pour permettre aux clients-touristes de disposer du maximum de confort tout au long de leurs séjours, tables, chaises, napperons, mais aussi jambons, saucissons, conserves qui ont été transportés depuis l'Europe. Sans oublier des "indispensables" réserves de bières qui sont moins chères à Kathmandou que dans les lodges d'altitude...Les porteurs doivent aussi transporter leur propre nourriture, ce qui augmente leurs charges. Pour eux ni tente, ni lodge, mal nourris, souvent agés de moins de 15 ans, ils doivent travailler dans des conditions inimaginables pour la plupart d'entre nous.
Un porteur perçoit entre 3 et 5 euros (2008) par jour, nourriture et hébergement inclus, pour porter jusqu'à 60 kilos sur des chemins difficiles, sans équipement, sans repos, ils transportent les sacs de 2 voire 3 touristes qui eux versent jusqu'à 80 Euros par participant et par jour. Faut il " boycotter " les Treks au Nepal pour lutter contre cette forme d' esclavagisme ?

La réponse est, bien entendu NON, mais la plus grande vigilance est de mise. Il faut également surveiller nos comportements, il est choquant de voir des "touristes" Européens en pleine force de l'âge gambader avec désinvolture sans la moindre charge, suivis par des porteurs épuisés sous des fardeaux impressionnants. Aussi le touriste marcheur qui vient pour son plaisir doit avant le départ connaître les conditions dans lesquelles les porteurs vont travailler, exiger que les charges n'excèdent pas 20 kilos, limiter lui même son chargement et en cas de refus ou d'incertitude ne pas hésiter à changer d'agence.

Il en existe qui ont mis en place des règles strictes à Kathmandou.

Le 24 septembre 2007, au lodge de LAUREBINA en direction de GOISAKUND, nous avons assisté avec stupeur à l'expulsion de deux porteurs Népalais qui s'étaient rapprochés du foyer pour se réchauffer en notre compagnie. Le leader d'un groupe composé de 10 personnes, dont je tairai l'origine pour ne pas faire d'amalgame, leur a demandé de quitter la salle commune cette dernière étant selon lui réservée aux touristes, malgré nos protestations devant cette attitude raciste, ces pauvres garçons ont quitté honteux la pièce, nous également, à mon indignation ce "brave homme" a répondu : "c'est la vie"...aucune des personnes du groupe n'a marqué son désaccord avec le leader.